Le altre lingue: Poeti del Québec – Francis Catalano

Sesto capitolo della rubrica “Le altre lingue”. Il poeta del Québec selezionato è Francis Catalano. Buona lettura.


Le altre lingue: Poeti del Québec (6)

Francis Catalano

Tempêtes (extraits de Météo)

*

El Niño joue au fond de ses pupilles
nous nous disons les vraies choses,
l’océan agité, les dés lancés au pied du mur
tandis que les sept figurines blanches achetées à Tlaquepaque
tombent sur le parquet de céramique et se brisent.
Le courroux dans son corps elle vient vers moi
comme un autobus déglingué fonce en direction du garage
vierge de la Guadeloupe brinquebalante
musique à tout volume. Patricia en a marre
et c’est bientôt le raz-de-marée, elle m’invective
ses postillons torpillent l’air humide jusqu’à moi
ses insultes me noient, recouvrent les terrains vagues
de mon amour-propre. C’est gagné,
je pose un genou par terre,
recolle avec patience un à un les morceaux.
Les figurines reprendront leur place
à temps dans la crèche.

*

Une tempête dans un verre d’eau
ou en haute mer dans l’Atlantique Nord c’est du pareil au même.
Katrina me jette son verre d’eau à la figure
et je fige, je me rappelle ce tableau vu au musée de Hambourg
représentant un navire dans la tourmente, je suis le capitaine
mais un capitaine sans gouvernail.
La nature en action, tempérament sanguin
dûment réprimé, trempé à l’os j’éponge
tout le self control
dégouttant de mon visage.

*

Sandy ôte son manteau fait une boule me le lance
me crie un nom me sermonne un temps
m’assène un side kick au niveau du plexus solaire
je ne vois plus rien, aveuglé, visibilité réduite
par le couvert nuageux par le plafond bas
mes prévisions satellitaires sont à plat.
Sandy prend mon menton, me tire vers le haut
je monte, la température ressentie aidant
puis vient le croc-en-jambe et la chute
durant la nuit, j’ai froid, je gèle
elle ferme la fenêtre à glissières
sur mes doigts à nous deux
nous battrons des records.

*

Paletot flottant, cheveux au vent, parapluie retourné
Irene tourne en rond dans un siphon
me traîne dans un torrent de boue
rien n’était prévu, prédit, entendu, goûté, touché, rien.
Que du vent, que des branches courbées sous la bourrasque
que l’eau flagellant le visage
une gifle, la tête dans les nuages, puis
une autre sur la même joue, qui rougit
défile au bas de l’écran avec l’avertissement
on m’avait prévenu pourtant
la tempête monstre, la veille météo, les cellules
orageuses, les formations
nuageuses et de tornades
nous croyions naviguer dans les mêmes eaux
entre les chaînes spécialisées mais c’est
erroné tandis que je me penche
et que vole une assiette
qu’elle va se fracasser sur le mur
au-dessus du four à micro-ondes.


Francis Catalano, poeta, traduttore, romanziere e saggista,  è nato a Montréal, dove vive, nel 1961. Ha pubblicato i seguenti libri di poesia: Au coeur des esquisses (2014), Qu’une lueur des lieux (2010, vincitore del Prix Québecor del Festival Internazionale della poesia di Trois-Rivières e finalista al premio del Governatore Generale del Canada), Panoptikon (2005), M’atterres (2002, finalista al premio Estuaire- Terrasses Saint-Sulpice), Index (2001) et Romamor (1999). In traduzione sono usciti: Where spaces glow (Toronto, 2013), Lo global y lo invisibile (Messico, 2015) et La fatiga de las estrellas (Perù, 2016). Ha altresì pubblicato il racconto On achève parfois ses romans en Italie (2012). Traduttore di poesia, ha curato Le vase brisé (2000) di Valerio Magrelli e Instructions pour la lecture d’un journal dello stesso autore (premio per la traduzione John Glassco 2006), oltre che Yellow (2009) di Antonio Porta. È membro del comitato di redazione della rivista di creazione poetica Exit.

(Trad. Laura Liberale)


In copertina: Francis Catalano.

Lascia un commento

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *